Cafés !

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Ils sont en transit. Posés sur le comptoir. Empilés. Tables débarrassées. Les tasses trônent. Normal. Les verres vidés, un n’a pas trouvé preneur…

Les traces témoignent d’un moment de plaisir. Ici, la musique est agréable. Le patron étreint sa chérie et inversement,  lors des temps faibles…Une pulsation aimable. Une fugace étreinte, pour ne pas perdre de vue l’essentiel.

A intervalles, les salutations se font en castillan, euskera  » Buenas », « Aupa », « Kaixo », « Egun on », « Hola ». Les au-revoir aussi : « Agur », « Hasta luego »…

Entre temps les annonces aussi sont bilingues, « bi kafia », « dos cafe cortados ». Sur fond de reggae, à Rekalde. Des lectures sportives, du quotidien, de papier et de presse. Pour des gens pas pressés.

Un écran nostalgique ; sur lequel défilent les images du quartier, avant-avec des photos en noir et blanc, de petits et grands. Le décor urbain de maintenant, rendu en couleur. Un rappel, pas comme un rétroviseur. Un rappel de ce qui fut. Une façon de penser ce qui est. Dans un monde à panser, aussi…

Avec un café au lait, d’une crème onctueuse ornée d’un motif,  un café solo qui ne veut pas se mélanger, du type ténébreux,  un cortado, l’équivalent d’un « noisette », une expression que je n’aime pas, parce que c’est UNE noisette !!!

Je passe sur les « descafeinado » et autres ersatz…Chacun ses goûts. Mais enlever du café au café, consommer avec modération tout ce qui est bon, manger cinq fruits et légumes par jour, faire 10000 pas – dans quelle direction ?!….Pour aller ou ?!…

Si tout cela est à considérer, le demi-siècle passé, c’est aussi à relativiser, lorsque l’on amorce la descente vers le demi-siècle qui vient. Un temps dont on ne viendra pas à bout. Parce qu’il faudra battre retraite avant, certainement. Peut-être pris de court, par la vacuité des jours. Sans contraintes. Des jours à VIVRE. Sans travail, ni horaires déterminés, scandés. Autant de choses auxquelles on s’était habitué. On nous avait même dit que c’était bon pour notre santé. Mais que ne nous dit-ON pas ?!…

L’humanité est là. Dans les cafés. Ailleurs aussi, bien sûr. D’ici cependant, je jouis du luxe de lui appartenir, sans conditions, et de m’en détacher- que je crois !- à ma guise.

-« Café solo por favor… »