Des vêtements et des plafonds !

 

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Si la photo ne le montre pas,  la vie de Rekalde, en contrebas, est emplie, remplie, avec ces conversations qui vont bon train- sous l’autoroute- un volume sonore remarquable. Pas très fort,  mais juste un peu au-dessus d’une graduation française moyenne !

Entre le papy, droit comme un « i », le ventre bombé sous son impeccable tee-shirt blanc. L’air un peu martial, même, pour balancer sa petite-fille. Et ça balance ; elle va haut ! Il poursuit sa conversation avec une dame, peut-être sa femme. J’espère qu’elle va l’adoucir, sinon la petite fille va faire un tour complet avec la balançoire !!!

D’autres papys, par trois, un peu plus loin, qui retiennent l’attention de  quatre petits garnements se disputant une grosse moto…de plastique. Un petit couple, jeune,  qui traverse l’aire de jeux, d’un pas pressé, lui soigneusement barbu, de noir vêtu, elle, avec un pull blanc, des cheveux attachés et des fesses  moulées. Ces dames voilées, plutôt foulard, qui se tiennent par trois, un peu à l’écart. Des landaus et des poussettes, même si en Euskadi, on ne naît pas beaucoup…Des enfants qui jouent et qui courent, ente les allées peuplées d’arbres. Une pergola de béton, dans l’angle, habillée de glycine, des couleurs sur les colonnes de béton, la chaussée posée sur ces colonnes peintes surmontées de deux blocs de béton, en travers, comme l’on ferait avec des jeux de construction en bois…

Un peu plus haut, la brume. Trois plafonds en quelque sorte, pour mieux nous protéger. Une belle leçon d’humilité. Nous sommes petits, nombreux à l’heure de l’apéritif, de sidra y de canas, avec du temps devant nous, malgré ces couches successives au-dessus de nos têtes. Vingt heures passées de trente minutes. Les rangs s’éclaircissent un peu. Quelques solitaires demeurent en lien, via leurs téléphones portables.

C’est l’été, plutôt nuageux, comme soumis à des influences contraires. Le soleil triomphe, pour l’instant,  de cette partie de cache-cache. Un peu, comme mon proche voisin, bouc grisonnant, lunettes et mâchoires vers l’avant, une bouteille de plastique en équilibre sur son crâne dégarni. Un tee-shirt sous sa chemise quadrillée à manches courtes. Il anime la table de quatre, part chercher une consommation, aprés la chute inéluctable du contenant plastique…Il reviendra un quart d’heure plus tard, avec un verre de bière, pour sa voisine. Enfin, pas tout à fait, ils boivent au même verre. Plaisir partagé.

C’est l’été ; les trente jours qui viennent, en même temps qu’un toit de brume, qui s’estomperait à Rekalde, nous supporterions d’avoir chaud en tenue légère, sans gilet sur nos épaules…

Agur.