Soir de Fêtes (1) : Pelote et rebonds…

En sortant du Trinquet Moderne, aprés une belle demi-finale de pelote à main nue. De beaux champions, des noms magnifiques qui sonnent bien, qui claquent, comme fusent les pelotes. Waltary, Ospital, Guichendut, Bilbao. D’Euskadi, de Cuba, « le sport d’un peuple, pour tous les peuples » selon la formule de Maurice Abeberry.

Ce soir, au-delà de la paire gagnante, les joueurs ont fourni un spectacle magnifique. Le rituel d’échauffement, avec les avants Waltary, Ospital face au mur, et les arrières ramenant contre la paroi latérale de verre. Les quatre joueurs se préparant consciencieusement, chacun dans sa solitude, son monde. Centré sur lui-même. Cette façon d’être absorbé par le jeu, la partie à venir, l’autre étant entr’aperçu à travers sa pelote interférant dans le champ déterminé d’un joueur ; impressionnant. Il fait moite, une espèce de chaleur collante, une lotion inutile qui se dépose sur nos corps. Heureusement, la sortie nous apporte un peu de fraîcheur.

Les commentaires vont bon train sur Waltary qui ramène, ne ramène pas. La ramène. Un personnage assurément. Du fluo aux chaussures. Des lacets de couleurs. Une allure, un geste. Pas fondamentalement orthodoxe. Mais fabuleux d’aisance, de prestance. La classe. Ospital, valeureux combattant, attaquant vif, gardant le filet, comme il se doit, se déplaçant sur toute la cancha. Guichendut et sa façon de ventiler, comme s’il était « cuit », et son ardeur à retourner, à prendre de volée. Bilbao enfin, de la présence au fond, de la présence,  une gestuelle maîtrisée pour rassurer son avant ; la constance à renvoyer et quelques points décisifs devant…

Comme les mains des joueurs enflent au fur et à mesure. Nous accélérons le rythme vers les fêtes. Les Allées Paulmy sont repeuplées. Elles sont bordées de deux files de véhicules repérables . La Compagnie de Sécurité à droite, en descendant vers l’Adour. Les transporteurs de bus, dans l’autre sens. Ça transporte, ça surveille. Ça attend. Son heure, l’heure dite, la bonne heure.

Un art en soi. Cette position, en lisière des Fêtes. Comme un calice qui toucherait les lèvres, mais qui ne verserait pas. L’attente. Une rémunération de « vide à remplir », d’attention sans tension, de vigilance obligée, une action à venir qu’il faudra exécuter. Pour les gens en uniforme, je n’en connais pas trop la teneur. Mais ces arrivées de festayres, hurlant à plein poumons, tapant sur les vitres du bus, lors de leur débarquement, place des Basques et même avant ; c’est quelque chose !!!DSC_0137.JPG