Répétition avant les Fêtes de Bayonne

Cette soirée rituelle, d’avant les Fêtes de Bayonne, a lieu, chaque année, à une date indéterminée…Et pour cause : comment prévoir un soir d’orage ?

Oh, pas vraiment un grand orage. On a connu mieux :  plus fort, plus noir, avec des éclairs, du tonnerre, la nuit qui prend le jour par effraction, dans un concert de grêlons !

Mais hier soir, du vent, plus fort à l’intérieur des terres, l’obscurité vers dix-neuf heures trente -comme si l’on était passé à un horaire d’automne- et ces mouchards de réverbères qui s’allument, comme des lampions serviles qu’ils sont !!!

Les arbres, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, s’étaient réunis. Une bande avec des costauds devant, des longilignes derrière à l’abri. Tous de vert vêtus, sauf ceux qui vont à la plage, virant vers un roux-doux, déjà hâlés, donc, surtout au niveau du buste… Personnellement, je trouve que le bronzage ne leur sied pas. C’est déstabilisant, de contempler, un soir de Juillet, des arbres déjà parés pour l’ Automne. Je suis d’ailleurs, j’insiste, presque certain que des dermatologues avisés, spécialisés dans les grands végétaux, partageraient mon avis…

Au fur et à mesure de la soirée, ils se sont mis à s’agiter, d’abord sur « Arrantzaleak », quand on descend en flexion, en rythme. « Gu gira gu euskal kantari tropa bat »*…

Mais la flexion, les arbres, ce n’est pas trop leur « truc ». Je voyais bien qu’ils s’agitaient, mais plutôt en ondulant.  « Maite dugu euskal kantua eta arnoa gorria »*…

Et de rire, de blaguer, plus à l’aise en préambule d’Hegoak, quand il s’agit de faire : « ho, ho,ho, ho, ho, ho, ho, hoooooo… » Carrément en phase, en se tenant tous par les branches en balance. Touchant même. Derrière quelques maigrelets faisaient des grands gestes, comme ces jeunes gens éméchés, qui versent dans la chanson de gestes.

Ce spectacle a duré jusque tard dans la nuit. Ce matin, ils étaient encore assoupis, lorsque je suis passé. Un sourire béat sur leur feuillage verdoyant, heureux de la pluie de la nuit, bordés par une moiteur d’un mercredi qui s’annonce, en douceur. Le prochain mercredi marquera l’ouverture des Fêtes, pour de vrai. Reste à apprendre les paroles, à défaut de faire la flexion. « Egun behar dugu kantatu »* !!!!!

 

Gu gira gu euskal kantari tropa bat : nous sommes un joyeux groupe…

Maite dugu euskal kantua eta arnoa gorria : nous aimons la chanson basque et le vin rouge…

Egun behar dugu kantatu : aujourd’hui nous devons chanter…