« Welcome, Mr Hitchcock »

Une belle exposition, avec des photos en noir et blanc. Le couple Hitchcock, photographié par Pedro Usabiaga. La vie en Euskadi, dans les années 60. Ambiance. De la noircitude, de la peseta à huit centimes ; une destination pas chère pour ceux qui venaient de France, ou d’ailleurs. Un cours de devise qui rendait arrogant.  Ainsi de la masse qui échangeait ses francs. Plus tard s’abattront des livres sterling et des marks, beaucoup de marks…

Mais revenons à notre exposition. Balisée par des textes  pertinents, qui vivent leur vie, en mots, pas forcément fidèles aux images, du reste. Tant mieux !

Il est, entr’autres, retranscrit ce propos de Monsieur Hitchcock :  » Quand dans un couple la pulsion sexuelle s’échappe, partager un bon repas à deux, c’est presque comme faire l’amour ! « .

Sur le chemin du retour, je pensais à cette citation. Quai de Lesseps, avec l’Adour, en eaux basses, les pontons découverts, comme des gencives qui reculent et allongent les dents de manière inélégante. Quai de Lesseps, encore, avec ses rangées d’hortensias, mièvres, blafards surtout. « Palichots », comme on dit ici, de respirer en permanence les pots d’échappement des voitures, de regarder les bateaux s’approcher, s’en aller, sans jamais avoir osé, ne serait-ce qu’un orteil, dans l’eau !!!

Si donc la bonne chère est source de plaisir, la chair, pour faible qu’elle fut, trouve dans la douceur soyeuse des peaux, la douceur des galbes, les caresses et les baisers enchevêtrés, des destinations à nulle autre pareilles ! Et, récompense suprême, se perdre dans des corps à corps ou « l’on ne sait plus ou donner de la bouche » comme l’a si joliment chanté Brassens, cela n’arrive pas à table…