RIEN…

Parler, évoquer les gares, n’est pas chose aisée. J’ai écouté le nouveau président, ou plutôt je l’ai entendu, en passant. En quidam ordinaire, moi qui suis « rien ». Forcément du reste, parce que PERSONNE n’est tout. Et c’est presque drôle de dire des choses pareilles ?! Peut-être le temps orageux, qui mine l’Elite. Aussi.

Il me semble, cependant,  qu’on aurait pu dire bien des choses.

-Version « Camarade » avec  Eugène Pottier dans l’Internationale. La question était chantée, avec force :  » Nous ne sommes rien, soyons tout ». C’était deux siècles avant. Le ton et la forme. Ça avait une autre consistance !

-Version Higelin, dans un autre registre, celui d’un poète qui prend soin du peu, du rien ;

« J’suis qu’un grain de poussière, un grain de poussière
Perdu comme un enfant dans l’œil du firmament,
Prisonnier d’un courant d’air,
……………………………………………….. »

Mais c’est en 1954, dans « la Strada »*,  que Giuletta Massina écoutait tendrement Richard Basehart  justifier  la présence d’un caillou sur le sol. Un petit caillou, aussi vrai que les étoiles. De toute son humanité de Gelsomina, de sa naïveté et de sa vie éprouvée, dans une existence chaotique, elle faisait pousser des sourires, des instants drôles et doux. De l’art d’aimer et de caresser la vie. Même quand on l’affronte dans le dénuement et en mauvaise compagnie !

Une créature de « rien », elle aussi. Une créature de « rien », de celles qui peuplent l’Humanité et l’éclairent. Une créature de « rien »,  Gelsomina. Un de ces êtres qui changent la Vie. Tous les jours. Sur le quai d’une gare, ou ailleurs. Sans même y prêter garde. L’air de rien…

 

La Strada : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_strada

Film de F.Fellini, chef-d’oeuvre du cinéma.