Chaussée traversée entre Louhossoa et Bayonne

Dans l’après-midi, un rat surgit. Avenue de Lahubiague à Bayonne.  Un rat d’égoût, presque roux. Alerte, mais pas apeuré; ayant déjà dépassé le temps de la réflexion. Et les quatre pattes qui s’agitent pour traverser une voie ou les véhicules circulent dans les deux sens. Et le portail de la maison d’en face, ouvert, accueillant. Le rat poursuit son chemin. Il a disparu. Décidément, juin ne finit pas bien. Du vent, beaucoup, la veille, dans la soirée de mercredi. Du vent pour faire son intéressant. Les arbres ployant, quelques-uns à terre, des branchages et des branches, jusqu’à empêcher les voitures. Les services d’entretien, à pied d’oeuvre, tronçonneuse à la main.

Du ciel orageux et nuageux, de la pluie, du vent. Des rappels de soleil, pour nous narguer, nous leurrer « d’été ». Du vert, beaucoup, avec des teintes variées. Des sommets qui gardent leur couvre-chef de brume, des prétentieux qui ne veulent pas se découvrir. Le Baigura, par exemple. A moins qu’il ne s’agisse de demeurer inaccessible, mystérieux voire…Roland* pourrait peut-être en témoigner. A deux pas de là.

Mais ce jeudi soir, à hauteur de lieu-dit « Berriotz », un joli tableau vivant évolue sur la chaussée. Passée la vingt-et-unième heure, celle de début de soirée télévisuelle,  la circulation est faible. Trois chevreaux et un chevreuil traversent. Une femelle adulte, ai-je pensé. Mais aprés tout, pourquoi pas un mâle ? Ils traversent, presque au pas. Pas franchement sûrs de leur fait. On dirait qu’ils sont surpris par ce sol de bitume, sous leurs pas. A moins que les consignes de « se tenir par la patte », n’aient pas été suivies. Peut-être encore qu’ils ne sont pas dans l’ordre indiqué ou prévu ?…

Arrivés au milieu de la chaussée, ils sont à l’arrêt. Je ne vais pas vite, m’arrête sur le bas-côté. Derrière, personne ne s’annonce dans le rétroviseur. Je n’ai pas le réflexe de suivre l’adulte et le petit qui continuent leur chemin. Enjambant la bordure du milieu. Les deux autres petits ne savent pas. Ils se sont arrêtés. Le dernier effectue un demi-tour. Il veut s’en retourner. Je les observe, depuis l’accotement. Pas de véhicule. Finalement, le troisième le rejoint. Ils rebroussent chemin. Se dirigent vers le petit talus, d’où ils viennent. Je démarre. Deux véhicules arrivent au loin. Pas trop rapidement. Les deux petites créatures se sont éclipsées. Deux faons apeurés s’en sont retournés.

Traverseront-ils à nouveau ? Viendra-t-on les chercher ou les accompagner ? Le risque est grand de traverser, là. Est-ce-que ces deux « séparés » sauront se débrouiller ? Je poursuis, pas franchement inquiet, mais avec ces questions, dont je ne sais que faire. J’aurais préféré qu’ils franchissent tous les quatre ensemble l’obstacle constitué par la route. Peut-être que le hasard, convoqué plus tard, pourra me rassurer ?

 

Roland : de Roncevaux, le Pas de Roland n’est pas loin, Atekagaitzeko errebidea en basque.

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