Gourmandises

C’est l’été. Il fait chaud. Une glace vers la plage des Sables d’Or, en marchant vers la falaise qui s’ébrèche…Quel plaisir ! Une glace au lait de brebis, avec de la vanille de Madagascar, des parfums originaux et éphémères comme la mara des bois et l’Irouléguy. C’est beaucoup mieux que les glaces à l’eau de Jonasz.

Mais, j’en ai assez, moi aussi, de dépenser mon argent. Et puis, il y en a plein en ce moment…Mais approchez-vous, s’il vous plaît, car je n’ai pas tellement envie que cela s’ébruite. Un peu plus prés…merci…C’est une confidence. Je préfère que cela reste entre nous, voyez-vous. Bon, j’y suis, je me lance.

Figurez-vous, que parcourant le bord de mer, à Anglet, j’ai eu l’idée suivante. Avec tous ces nuages dans le ciel, depuis le mois de mai, une bonne partie du mois de juin…J’ai donc pensé à attraper un nuage. Ou plutôt deux, comme je prends toujours un cornet avec deux boules de glace ! Je suis monté par « la côte du VVF », l’air de rien, sans siffloter, pour ne pas attirer l’attention. Arrivé sur la hauteur, sans me retourner, me suis rendu vers les tables, disposées pour pique-niquer, toujours très discrètement. Après une dernière précaution- un rapide regard sur les environs-je suis monté sur une table, me hissant sur la pointe des pieds et tendant mon bras le plus haut possible, pour attraper un nuage. Non, je n’ai rien demandé. J’ai pensé que je devais le prendre, que si je demandais, on allait me mettre en attente, me trimbaler sur la moitié de la planète en me faisant répéter mon nom, mon adresse, mon âge, que sais-je encore ?!…Pour finalement m’entendre dire que ce n’était pas possible, mais que par contre si je prenais un abonnement pour disons 52 nuages par an, j’aurais droit à un crédit de 10% avec un voyage jusqu’à Biarritz, tiré au sort lors de la tombola du 31 ou 32 juin !!!

Alors, je n’ai rien demandé et à force de me grandir, en me déhanchant,  je suis parvenu à décrocher un nuage. Un petit morceau, je vous le concède. Mais du vrai nuage. Que j’ai choisi, plutôt gris. Et sans attendre, me hissant encore plus haut, j’ai décroché un autre nuage, plus blanc, celui-là. Je dois avouer que je me suis déplacé pour ce faire. En direction du phare, justement. Autant le nuage blanc, un tantinet cotonneux, est doux au palais, autant le nuage gris se révèle « râpeux ». Mais finalement, en léchant et en avalant les deux à la fois, ça passe !

Je suis resté modeste, en fait.  J’ai goûté mes deux nuages, dans un cornet, sans triomphalisme d’aucune sorte. Totalement maître de mes émotions. Même pas un petit sourire, en passant à mon exploit sans pareil ! Et pourtant, comme j’étais fier de ma prouesse. Pensez donc, une promenade en toute humilité, deux nuages dans un cornet, en bord de mer, sur la Côte Basque. Rare !

Pourquoi un « gris » me direz-vous ? Par superstition, un peu, comme il m’arrive de croquer quelques « tuiles » d’amandes, de temps à autre. Pour soulager ce ciel nuageux et orageux, qui stimule les mouches, à la campagne. Peut-être pour éloigner l’infortune. Comme on a mangé son pain noir, en somme.

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