La fête de la Musique, sans moi !

D’abord parce que Jack Lang, même si ce n’est pas son idée propre. Ce n’est pas un argument, je le reconnais. Mais c’est ainsi !

Ensuite parce que ce matin, je me suis réveillé avec Annie Lennox, « here comes the rain again » . Pas vraiment une chanson caniculaire.

Parce que j’enchaîne sur :  » How many times do I have to try to tell you, That I’m sorry for the things I’ve done… » toujours avec Annie Lennox et que j’en ai effectivement assez d’entendre ces mots, « falling from your mouth » !

Parce que « je m’enfuis quand tu es dans mes bras » et pourtant Lavilliers, Nicoletta, ça me va !

Parce que « j’en peux plus d’entendre les sirènes même à travers le double vitrage », comme Fauves, même si je ne cherche pas une infirmière !

Parce que je suis ringard, « que la montagne est belle » et que « du poulet aux hormones » c’est devenu la norme, encouragée par une libérale Europe. Jean Ferrat ne sourirait peut-être plus dans ce grand échiquier-là.

Tellement ringard même que l’orchestre de Ray Ventura chantait déjà « Qu’est-ce-qu’on attend pour faire la fête ? Qu’est-ce-qu’on attend pour être heureux ?… » et que je n’aime rien comme Madame La Marquise prenant des nouvelles de son manoir,  » Allo, allo Jammes, quelles nouvelles ? »

Parce que j’aurais aimé y aller avec mon vieux, « dans son vieux pardessus râpé » et Daniel Guichard, pour l’ambiance…Sourire.

Parce que Lertxundi, quand je glisse sur la corniche, vers Socoa, avec cette sensation géniale de rétropédalage émotionnel;  « ene opilaren egitera Pariserat banuazu… », EZ!!! J’ai l’impression qu’il est assis à côté de moi;  c’est encore mieux qu’en concert à la salle Apollo, au Boucau…

Ce soir, donc,  je prendrai « une salade de fruits, jolie, jolie » en compagnie de Bourvil. Léo Ferré nous aura rejoints, en chantant  » Ils prenaient la rosée pour du rosé d’Anjou, et la Lune en quartiers, pour Cartier des bijoux, les Romantiques… » C’est sûr qu’on va se faire remarquer !

Mais ce n’est pas grave. Parce que « c’est ma fête, je fais ce qui me plaît,  ce qui me plaît, ce qui me plaît, j’ai décidé ce soir de m’amuser » avec Richard Anthony entr’autres.

Tout cela constitue des « Paroles ».  Dalida tient Alain Delon en respect. Hé, hé !

Des paroles qui s’envolent, mais que l’on aperçoit encore des années plus loin.