Mousse en verre

DSC_0043

Il fait chaud, ici et là. Et même ailleurs. Il fait chaud.  Juin apparaît sans nuages, pour aller voter, à la plage. Un appel; celui d’une pause, d’un lieu ou l’on se pose, pour voir la vie s’écouler. Et le spectacle ne discontinue pas. Des mots prononcés hauts, des couples vieillissants écrasant leur sièges. Des observateurs qui se rassurent, à voir ces fesses, comme ces deux-là se tiennent, le petit garçon qui crie en tapant dans le ballon, la petite fille qui ne crie pas en jouant au ballon, cette mamie bien mise, les épaules de son soutien-gorge foncé et de son top bleu roi, descendues, en train de se faire caresser le dos sous prétexte de crème solaire, quelques mètres plus loin.

Les flacons nous parlent. Quelques-uns sont secrets. Des verres sans trace, comme si le breuvage eut été aspiré. Des tasses qui penchent d’un côté, avec le café qui marque son territoire. Du rouge à lèvres en trop, comme du désir qui déborde. Des tasses marquées, qu’il faudrait ne plus réutiliser. Des flacons uniques.

Des verres évasés, petits et moyens, des chopes qu’il faut prendre à pleines mains et souvent boire prestement, des verres longs. Comme celui-là. Un déroulé de la vie. Comme la coupe d’un arbre. De l’écume depuis le haut, jusqu’en-bas.  Des cycles; des temps forts, des temps faibles.  Les perles du quotidien, qui nous guident, nous alertent, nous détournent. Vers d’autres temps, d’autres tempes, d’autres temples.

Le prisme du verre. Après la bière. A explorer, comme on lisait l’avenir dans le marc de café, à considérer en souriant, à essayer d’interpréter, en pensant aux prédictions hebdomadaires de Rob Brezsny*. Un moment d’aprés-soif, et de pensées échappées. Une échappée belle.

 

Rob Brezsny* : http://www.courrierinternational.com/horoscope. Savoureux