Santander : los Raqueros

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Des statues d’enfants dans le port de Santander. De vertes statues. Vert, comme la couleur du fruit pas encore mûr, comme ces enfants sommés si tôt, trop tôt, de travailler, d’être une source de revenus. Dans les ports, ces petites créatures qui venaient nettoyer des conduits, dans les bateaux. Des endroits ou les adultes ne pouvaient accéder. Ici, des pièces de monnaie, qui leur étaient destinées et jetées… dans l’eau.

Les statues indiquent le mouvement, l’action. Au premier plan, un enfant assis, la mine grave. L’eau n’est pas rassurée. Elle qui nourrit, engloutit parfois. Rend ou ne rend pas ces embarcations ou ces humains, ayant sombré, comme aspirés. Elle qui aime tant à caresser nos corps, les porter, dans une physique différente de l’attraction terrestre.

L’eau frissonne. Elle a aussi ses états d’âme. Pas forcément du vague, mais des tourments. De ceux que provoque l’inconséquence des adultes. Surtout lorsqu’il s’agit des enfants.