Carnet de route : de Galicia à Donosti (2)

Et comme il a bien fait l’Homme de la Mancha, de ne pas s’aventurer jusqu’en Galice…

Malgré ce plafond gris, ces sentinelles d’eucalyptus, avec leur petit rictus, ces massifs boisés et ces viaducs. Ce beau ruban goudronné, que l’on a déroulé, jeté comme un tapis sous les pneumatiques des autos, des motos  et des camions. Ces balustrades bleues, pour enjamber les terres jusqu’au bout de la côte Atlantique. Ce site industriel prés de Penapurreira, avec quatre cratères, la « gare » surmontée d’arcs jaunes, cet excavateur gigantesque et cette forêt de pylônes. Tout cela ne l’aurait pas découragé ou arrêté…

Car s’en retournant d’une campagne triomphale au Ferrol, où il aurait flanqué une trempe à un enfant de la ville qui mourra dans son lit(!) Un malappris abondamment nourri de la mort des Autres…

Revenant de la fin des Terres, flanqué de Sancho Pança, qui n’aurait pas su l’en dissuader; vers Mondonedo, il aurait été tourmenté.  Interloqué d’abord. Interdit. Sidéré par ces créatures d’un type nouveau, réfugiant leurs ailes si haut. Regroupées par deux, trois, ou dix et carrément hors d’atteinte. Avec des mimiques et des attitudes de précieuses. Des ailes courtes, qui tournent sans couiner, des raffinées qui ne  penchent plus vers le sol, ignorent les Terriens. Des vigies écologiques, plutôt des guetteuses paresseuses : les éoliennes !!!

Et comment toucher ces longues silhouettes grises ? Comment armé de sa seule lance charger et charger encore ?… Jusqu’à ce que le valet fidèle, en confesseur blasé, se hâtant poussivement vers le chevalier meurtri, ne prononce ces paroles :  » Dieu le veuille, comme il le peut ». Un matin de décembre 1892, quel était donc le pouvoir de Dieu ?…DSC_0047