La lente dérive des quinquagénaires

Issus des années 1960, de cette période dite du  baby-boom. Marqués par la fin de la guerre d’Algérie, mai 1968, les années De Gaulle. Son départ aussi. Et Pompidou et Giscard qui se voulait « peuple » en jouant de l’accordéon. Et 1981, pour voter à Gauche. Le Programme Commun  de la Gauche, l’alliance Parti Socialiste /Parti Communiste Français. Des ministres communistes entreront au gouvernement ( pas le premier !). A droite, on parlait de chars russes à Paris.

La suite du premier gouvernement de Gauche, sous la V ème République a constitué une inflexion, avec ses phases de « cohabitation ». Vint ensuite un sursaut, en 2002, ou plutôt un apport artificiel au candidat de Droite, ex-premier ministre. Un apport dont il ne fit aucun cas. L’épisode suivant, de l’arrogant décomplexé, ne dura que cinq ans. Un hyper-président, ça s’use. Avec ses innombrables sorties réussies, comme à Bayonne…Et ce numéro de « mouche du coche », ne valut que par sa brièveté. Ouf !

Un leurre, enfin, porté par un professionnel de la politique poussant l’art du compromis, jusqu’aux compromissions. Un leurre aboutissant à une impasse. Les derniers présidents y ont obtenu un statut « d’ex » qui leur va si bien. Comme un amant congédié qui ne reviendra plus ni par la porte, ni par la fenêtre.

Ce leurre dont nous sommes désormais censés sortir en marchant. Derrière un homme jeune et beau. Un candidat jamais élu, et raflant la mise en un coup ! Bientôt soutenu par une génération spontanée de futurs députés, qui se réclament -pour certains- d’un mouvement qu’ils ignoraient quelques semaines avant…

En trente-six ans de vie citoyenne, nous sommes allés de Mitterrand à Macron. Nos propos absurdes à propos d’un supposé « héritage », dilapidé et constitué d’ un déficit public constant depuis…1976, résonnent d’une drôle de façon. Il doit s’agir de la fameuse « bonne gestion d’un père de famille » ! Un financement de la Dette, pour boucler ses fins de mois, comme un ménage qui aurait du mal et tenterait d’hypnotiser le calendrier du temps qui court…

De cette vie à crédit, qui ne nous autorise plus d’excès, sinon ceux du quotidien. De ce service public qui s’en va. De ce couple franco-allemand qui ne se fait plus la guerre, mais jamais l’amour non plus.  De ce nucléaire qui nous colle à la peau. De ces salaires qui n’augmentent plus et du temps qui nous est compté .

« De cette société des soupçons à l’égard des immigrés, de cette société où l’on remet en cause les retraites, les acquis de la Sécurité Sociale, de cette société des médias entre les mains des nantis, toutes choses que nous aurions refusé de cautionner si nous avions été les véritables héritiers du Conseil National de la Résistance » écrivait Stéphane Hessel, il y a dix ans maintenant…

De tout cela, il convient de s’indigner. Les motifs ne manquent pas . Je vois cela comme une ressource, une chance et une opportunité pour quitter le »morose » des points PIB, si chers à Brice Couturier. S’affranchir de cette caresse libérale qui giflera nos visages, nous fera courber l’échine davantage encore, devant les « puissants de ce monde ».

C’est une issue possible et souhaitable lorsque nous évoquerons collectivement « l’héritage des générations futures. » Une tentative pour en finir avec cette lente dérive.

INDIGNONS-NOUS !