La fortune au gré des saisons

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Non, il ne s’agit pas d’un sous-marin. Ni d’un quelconque vaisseau spatial. Nous sommes dans une bodega*. En Navarra. A une trentaine de kilomètres au Nord-Ouest de Logrono. Il fait beau, ce dimanche matin. Sur la route et son paysage fait de relief, de vignes;  des bodegas. Il en existe de tous types. De celles-là- sans vigne- d’exploitants qui achètent le raisin et font des assemblages, puis commercialisent. A celles-ci,  ancrées dans le sol, dans la terre, avec leurs ceps.

La récolte va être mauvaise. La faute à du gel récent. Le vigneron, serein, nous fait visiter son entreprise. Des « bassins » en pierre, dans lesquels le raisin est déversé. La machine pour le presser. Des cuves. Des types de macération. A l’étage au-dessous, le vin est stocké dans des barriques; la dénomination « crianza » correspond à une conservation d’un an. Il nous offre son vin à déguster. « Bon! » Je n’ai pas les mots, mais je sais ce qui me plaît. J’ai préféré un « ancien, puissant, tannique » à un « jeune ». Nous sommes bien reçus. Il fait beau. Cet homme nous a expliqués la difficulté à venir, y compris l’entretien nécessaire et le soin à apporter à la vigne, même si elle ne donnera rien, ou si peu…

Durant ce moment, il nous a parlé de son métier, s’est montré disponible, courageux face aux impondérables.  La météorologie en fait partie. Pas un mot plus haut que l’autre pour évoquer les vicissitudes du climat. La posture de quelqu’un qui se consacre à sa tâche, agit sur ce qu’il peut appréhender, modifier ou bonifier, acceptant de s’incliner face à ce qui nous dépasse. A méditer.

 

 

bodega : mot espagnol désignant un entrepôt, notamment pour élaborer et stocker le vin, auquel cas il peut se traduire par « cave » ou « chai ».