La saison des pieds exhibés

C’est la saison des pieds nus, exposés par la ou le copilote. Je crois que c’est une idée originale d’UNE copilote. Reprise largement. Dans tous les styles. Il y a ceux posés sur le tableau de bord, ceux qui viennent tutoyer le pare-brise, ceux qui sont plutôt orientés vers la vitre, et ceux qui sont en suspens. Des téméraires !

L’attitude ne me dérange pas. Mais je suis « exigeant », dans ce domaine. Je les aime « jolis ». Les ongles peints, pas nécessairement en couleur;  c’est bien.  Les pieds ronds, fins, longs ou petits sont admis. Ceux qui ont une harmonie, doigts de pied-pied, sont appréciés. Pas trop carrés.  Ils donnent le sentiment d’être accroché au sol, dans la matière. Les pieds grecs, plutôt chez les garçons. Les pieds larges, sont recalés. Les pieds aux ongles abîmés ne se présentent pas. Les pieds égyptiens avec leur forme oblongue et effilée;  très appréciés. Les pieds romains, bien proportionnés ont aussi beaucoup de charme.

Qu’ils aient du caractère, de surcroît, est séduisant. A condition de ne pas en abuser. Comme cette blonde créature-dans un cabriolet décapoté- entamant la conversation avec des douaniers, postés à l’ombre vers la forêt de  Saint-Pée. Sûre de son fait, les pieds collés au pare-brise. Peut-être leurs sourires venaient-ils d’un trait d’esprit, de cette femme aux pieds-nus…Peut-être. Peut-être aussi que l’ïambe* valait surtout par les extrémités exposées et les jambes qui les prolongeaient jusqu’à son short en jean. Peut-être. Seuls les douaniers pourraient le dire. De quoi en tous cas, leur faire oublier, un instant,  ces sémillants gilets jaunes fluorescents. Cette tenue là, ce n’est vraiment pas le pied !

 

ïambe : pied…de vers grec ou latin composé d’une brève suivie d’une longue accentuée; poème composé de vers iambiques.