Les tamaris

Ils ont été chantés par Luis Mariano, depuis Biarritz. « …Où l’on s’en va, au clair de lune, s’embrasser sous les tamaris… » Je les fréquente, à Donosti, m’éloignant de la Concha, pour aller me sustenter par là.

S’embrasser sous les tamaris, pas très heureux. D’ailleurs les tamaris en question n’y incitent pas. Il figurent des couples qui ne tiennent pas, ne se tiennent plus,   artificiellement et violemment maintenus ensemble. Les liens qui les relient sont de métal, ou plus habillés. Ils sont davantage, entraves à la vie de chacun, qu’un rapprochement doux et tendre, pour aller de l’avant.

S’embrasser sous les tamaris, qui ne s’embrassent pas. Qui ne s’embrasent plus. Non, merci. Une caresse sur ces troncs défaits d’avoir trop résisté au vent. De la compassion qui n’amène pas au baiser.

S’embrasser sous les tamaris; et si un peu de chaleur, de sensualité pourrait les raviver, les rapprocher? S’embrasser sous les tamaris, pour ébouriffer davantage encore ces troncs qui résistent. Au vent, à l’océan et au Temps. Un baiser, même dérobé, ou juste effleuré. Un baiser pour des écorces et des humains connectés, comme on dit…

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