Carnet de route : ciel de nuages…

Depuis Louhossoa, jusqu’à Nevers, puis un retour  en détours, du samedi jusqu’au lundi. Un ciel d’azur, le matin, quelques bribes de nuages, qui d’après moi ne font même pas trente-cinq heures par semaine…Je les ai observés;  personne au bureau du ciel avant les dix heures du matin. Personne ou presque. Quelques zélés- inspirés par Macron ?!-  des petits qui  jouent aux importants, au dessus des volcans, lundi matin…Des sentinelles dérisoires veillant sur des géants endormis, des qui piaffent, peut-être pour constituer une protection autour de Clermont et de son équipe de rugby, défaite en finale de Coupe d’Europe, marquée par des commentaires inconvenants…

De l’importance des mots. De leur choix. De la façon dont ils sont alignés. Comme une composition d’équipe, de gouvernement; l’apéritif des commentateurs, chroniqueurs et analystes. Une occasion trop belle de dire, de prêter, de supputer, de s’agiter : l’action, déjà, l’action avant l’agir. Les intentions explorées avant les faits.

Dés le samedi, ce joli ciel de mai, azur pour commencer, a tourné en orage. Des nuages qui s’amoncellent, une escorte qui donne le rythme au ballet d’essuie-glace. De la pluie, qui s’arrêtera en Nièvre. Le Pré Fleuri, béni des dieux, a décidé d’arroser la montée en Pro D2, euh…sans eau !!! Le « village nivernais », comme dit mon ami Ovalien, est préservé dans son écrin. La liesse sans pluie, du club de rugby professionnel le plus proche de la Loire, mais en-dessous ! La planète elliptique reconnaît, là,  davantage les siens. Les autres, ceux du nord de la Loire, font aussi partie de la famille, mais « on » les aime moins. Les parents ont beau se targuer d’aimer et d’élever leurs enfants de la même façon, oui, « on » dit ça…Mais que ne dit-on pas ?

La nuit de samedi ne fut d’ailleurs pas courte. C’est plutôt que certains jours durent plus de vingt-quatre heures. Ainsi, à Nevers, le match commencé à vingt heures quarante-cinq, dura jusqu’à la mi-journée…du jour d’après. Un samedi à trente-six heures. Compensé par un tout petit dimanche. Un dimanche à douze heures. Un septième jour discret, pour l’occasion,  léger, comme ces poussières de nuages qui arrivent le matin sur la pointe des pieds.

Ce court dimanche du reste, je l’ai mis à profit, pour rencontrer, remonter prés d’une « fabrique à nuages » qui est en charge du centre de la France : j’ai nommé la centrale de Belleville sur Loire. D’une taille bien supérieure à la fabrique de Tartas et  sa « bioraffinerie », elle-même plus imposante que l’unité de fabrication de panneaux de particules de Saint-Vincent de Tyrosse. Ainsi les différentes « fabriques de nuages » habillent et peuplent notre plafond :  ce qui nous recouvre, nous protège(?) et peut souvent nous oppresser.

Du coup la nomination, ce jour, de Nicolas Hulot pourrait-elle constituer un événement d’importance. En effet, la transition écologique comprend la confection et la composition du ciel qui nous abrite. Si les nuages y ont leur place, les fabriques de nuages devraient cesser leurs noirs desseins. A commencer, enfin, par celle qui se situe le plus à l’Est du pays. Monsieur Hulot, devra alors faire preuve « d’une indépendance complète, d’un désintéressement absolu « ,  ainsi parlait Jacques Tati de son personnage préféré. Il aura certainement à bousculer ou perturber les protagonistes de sa libérale équipe, quitte à passer pour « un inadapté ». Le vrai défi à relever, celui à côté duquel l’envoi d’un ballon de rugby entre les poteaux, semble dérisoire. Peut-être un vrai motif d’espérer, en cette deux mille dix-septième année. Nous n’en avons pas fini de scruter les cieux…

 

 

Jacques Tati : https://fr.wikipedia.org/wiki/Monsieur_Hulot