Donosti, la Concha et nous…

IMG_20170427_151913Fin d’avril, prés de la Concha. Soleil. Mais l’air est frais. Des inscriptions sur la plage, des dessins, comme l’Océan s’est retiré. Des passants qui passent. Pas trop pressés. Des conversations en français. Deux musiciens, prés d’un banc, dont un accordéoniste.

Un couple jeune, et peut-être un jeune couple; elle avec son kway, sa démarche puissante, dans un fuseau gris ses jambes arquées et  chaussures de sport. Lui, plus léger, moins accroché au sol, brun, l’air dans les cheveux, un peu, mais pas échevelé, non plus…Elle parle fort, comme elle marche, d’une voix rauque et d’un rire chaud. Elle me dépasse et je l’entends encore. Elle tient un chien en laisse, comme ces humains dont je me demande, parfois, avec perfidie, si l’animal qui les précède, les mène aussi…

Dos à la plage, assis sur le muret, deux hommes bruns. Très bruns, pas rasés, se tenant affectueusement par l’épaule, un téléphone portable au bout du bras,  pour figer l’instant. Plus qu’affectueux même, amoureux, et un auto-portrait plus loin, en train de s’embrasser fougueusement…Le bras est-il demeuré tendu, le téléphone et donc la photo, trahis par l’émoi, ou pas ?

Une paire de policiers qui marchent, un très grand- deux mètres assurément-un peuplier à casquette, flanqué d’un congénère coiffé, lui aussi, mais moins haut. Tout vêtus de bleu sombre. Ils croisent une personne de petite taille. Si le plus grand lui demandait son document d’identité, la scène serait vraiment cocasse…Elle du haut de son mètre, vêtue de rouge, et enveloppée d’une cape rose, ne doit pas l’envisager. Ils se croisent, seulement. Deux mondes. Le peuplier-policier, dans son rôle (?) un peu plus loin, accoste les musiciens…

Sur la plage, un monsieur qui a dépassé les soixante ans, s’avance dans l’eau. Il a cette attitude déterminée, d’un vieil habitué. Un costaud, les cheveux blancs, qui prend son temps, mais va jusqu’au bout. Un short de bain, bien haut, pas vraiment jusqu’aux aisselles, mais au-dessus des hanches, et de  poignées qu’on appelle parfois « d’amour »…Et il vient de plonger. Un battant.

L’artiste noir qui a dessiné sur le sable, recueille les fruits de son labeur. Un drap blanc tendu sur le sol, et des pièces qui le jonchent. Sur le chemin du retour, je jetterai une pièce, prés du drap replié. Pour le plaisir du geste, depuis la hauteur, pour vérifier jusqu’où elle s’enfonce dans le sable, par charité aussi, pour le  « nu-sur-sable », par égoïsme, peut-être, comme il suffit parfois d’un signe…

Ce travailleur lunaire, car soumis au rythme des marées, rassemble ses effets, ramasse les dernières pièces. Entre plage et marée, sept heures ne font pas forcément la journée. Et tant mieux. Dans cette belle balnéaire, il y a tant à faire ! Agur.