Cambo 19 Saint-Pée sur Nivelle 15 : chronique en quatre points.

Premier point : le billet d’entrée

 

Le billet d’entrée est à huit euros, à Cambo, pour cette demie-finale aller du Championnat Honneur du Comité Côte Basque. Au dos du billet figurent les mentions : « le grand stade a besoin de vous, soutenez le grand stade ».

Ce grand stade ne verra jamais le jour. Le destin d’un stade porté par des « ex » : président de la Fédération Française de Rugby, premier ministre. Le destin d’élus désavoués, qui ont sombré avec l’idée d’un grand stade…

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Deuxième point : l’avant-match

Saint-Pée est en vert, jusqu’aux boucliers pour s’échauffer. Avant le match, Saint-Pée est dans l’affrontement, les percussions, les regroupements et les passages au sol.

Cambo, en blanc, répète ses gammes. Deux collectifs séparés, avants et trois-quarts, se préparent. L’entrée des deux équipes se fera au son des txistus et des tun-tun. La tribune est remplie. Une haie de soixante personnes environ sur la butte, côté « piscine ». Une guirlande masculine, essentiellement. Quelques femmes et des enfants; l’expression de la transmission.

Une pelouse d’apparence trompeuse, mais lourde car il pleut ici . Et même lorsqu’il pleut, ici, la vie est meilleure! En toute subjectivité. Re-ven-di-quée !

Le service de sécurité avec des gilets fluos, comme ceux des voitures. Des bérets, des capuches, de la surveillance qui veille, parle avec le public. Sans  palpations à l’entrée et présentation de sacs. Foin de consignes tous azimuts, loin des cerbères avec des micros, comme dans des films d’espionnage, ou des matches de…top 14!!! Sourire.

 

Troisième point : les quatre thèmes du match

 

Le premier thème, le plus marquant : l’équipe de Cambo, beaucoup moins lourde et puissante s’oppose à celle de Saint-Pée, solide, organisée, méthodique. Cambo a mis au point une parade, sur les « ballons portés », qui s’illustre parfaitement en touche. Un rappel concernant la règle; « un maul commence lorsqu’un joueur portant le ballon est saisi par un ou plusieurs adversaires et qu’un ou plusieurs coéquipiers du porteur du ballon se lient à ce dernier. Un maul implique par conséquent quand il commence au moins trois joueurs, tous sur leurs pieds : le porteur du ballon et un joueur de chaque équipe. »

Cambo dispute donc les touches  en infériorité numérique, volontairement, à deux contre sept, avec deux joueurs et un relayeur prompts au plaquage, et s’interdisant le contact avec un vert, pour ne pas constituer un maul et subir la pression du huit costaud de la Nivelle. Saint-Pée, de son côté s’attache à conquérir le ballon- facilement- et à agripper un défenseur pour avancer groupés…Ce but ne sera atteint que dans les dix dernières minutes, mais pas après touche. Le jeu du chat et de la souris, avec Rodriguez* du côté des « souris », et Lagisquet* dans le clan des « chats », comme quoi…

Le second thème est constitué par ce  trio d’attaquants de la Nivelle après mêlée, avec le demi d’ouverture, le premier centre et l’ailier côté fermé. Ils ont constitué une menace, continuellement, embarrassant les défenseurs, et se traduisant par des brèches importantes…

Le troisième thème est fait de la capacité de plusieurs rouges, la troisième ligne, les demis et les lignes arrières, de porter le ballon, de perforer, et de faire preuve de dextérité. Globalement un quinze tonique, et adroit; logique dans la patrie de Chiquito !

Le quatrième thème relève du jeu au pied, qui fut de qualité et qui évolua selon la fraîcheur des joueurs . Deux tentatives sur le poteau, côté « locaux », « rouge deux manque », puis « rouge trois manque » se serait écrié le croupier d’un casino biarrot. Le jeu d’occupation, comme les coups de pied à but, seront déterminants pour le match retour.

 

Quatrième point : le match

évolution du score (07/00) (12/00) (12/07) mi-temps; (19/07) (19/10) (19/15) score final.

Deux plaquages de grande qualité, dès le coup d’envoi et à la réception d’une chandelle, démontrent l’engagement des locaux. A la 14 ème minute, une pénalité jouée par un troisième ligne à 60 mètres de l’en-but des visiteurs, envoie deux passes plus loin, DUCLOS, le trois quart aile côté « piscine » pour un essai au pied des poteaux. PENETRA transforme. 07 à 00 pour Cambo.

Chaque équipe veut aller jouer dans le camp adverse, le jeu au pied est bon, les quelques « pettos » sont autant d’opportunités.  Dix minutes plus tard, Cambo suite à une touche à effectif réduit, à cinq mètres de la ligne de but, conclut en trois temps de jeu. Un essai de l’ouvreur PENETRA, non transformé. 12 à 00 pour les locaux.

A la 34 ème minute, Saint-Pée parvient enfin à s’organiser en ballon porté, et se rapproche de l’en-but camboard. Mais un en-avant à cinq mètres délivre les locaux. Juste avant la mi-temps, le trio d’après-mêlée perfore la défense locale, et Saint-Pée se rapproche par un essai. 12 à 07 à la mi-temps.

La deuxième mi-temps démarre bien pour les locaux qui scorent. Un essai magnifique à la 45 ème minute, aprés un jeu au pied récupéré par le botteur et demi d’ouverture, un enchaînement brillant de la troisième ligne. Essai de CARRERE transformé par PENETRA. 19 à 07 pour Cambo. Jusqu’à la 65ème minute, les locaux vont plutôt avoir le monopole du jeu. Néanmoins, suite à un carton à l’encontre du n°3 de Cambo, puis un hors-jeu évitable, Saint-Pée revient par une pénalité de BORTHAYRE à 19/10. Une pénalité sur le poteau, à la 63ème minute, des vingt cinq mètres à droite, une deuxième opportunité qui se refuse à Cambo.

Et puis, Saint-Pée va desserrer l’étreinte, écouter son demi de mêlée qui le réclame à voix haute, se regrouper autour de sa poutre, son numéro 5 de deuxième ligne, très présent. Et les assauts vont se succéder.  Un maul terrible, à la 77 ème minute emportera les locaux sur son passage, pour un essai mérité. 19 à 15 avec la transformation. Les échanges au pied virent désormais au bénéfice de Saint-Pée, le score n’évoluera plus. Pas de sirène pour indiquer la fin, mais l’arbitre se tournant vers la tribune, et sifflant le terme d’une façon martiale. Sûr de son fait, l’homme du centre. Et c’est aussi bien ainsi, surtout quand la télévision ne répond pas…

Très bon match. Beaucoup d’engagement, de la variété, deux équipes aux arguments différents qui font honneur au rugby. Zorionak zuri!

 

Rodriguez et Lagisquet* : brillants internationaux de ce jeu, entraîneurs du BOPB durant plusieurs saisons, avec succès . Continuent de dispenser leur savoir et leur expérience incomparable.