Bayonne allée et venue…

Passage dans la ville après douze heures trente.  Un sandwich, pour meubler la « pause-déjeuner ». Des sourires, des gens détendus. Des femmes en majorité. Une tout de vert vêtue, jusqu’aux pendentifs, absorbée par la lecture du « Sud-Ouest », après son sandwich. Une tresse au chocolat qu’elle découpe avec ses doigts. Une petite trempette dans le café, l’air de rien.  Du chocolat à la  commissure des lèvres, « non pas de ce côté… ah, dommage elle l’a enlevé… »

Une avant elle,  me convainc d’ajouter du chèvre au jambon; plus trente centimes ! Mais j’ai eu droit à une carafe d’eau, sans supplément.

De pauvres hères, rue Orbe, l’un qui demande à voix haute « des cigarettes ou des sous ». Les nuages obscurcissent le ciel. Quatre scies posées sur un plot de circulation, rue Guilhamin. Fin du marché à la brocante, sur le carreau des Halles. La rue Panecau, m’apparaît une avenue, comme elle est piétonne. (Oui, je date!) Un couple débouche de la rue Charcutière. Elle engoncée dans un jean, qu’elle aura enfilé avec l’aide de deux assistants, maquillage vif, blouson rouge. Lui de noir vêtu. Qui suit.

Un café, puis deux, dehors mais à l’abri des courses de vaches. Des vaches, surtout!

Puis le retour. Le pavé luisant, et glissant. Les enfants de la Korrika, de l’animation malgré le ciel. Quelques touristes, et quelques lecteurs aussi, en terrasse. Les scies ont été remballées et le carreau, des camionnettes, débarrassé.  Au carrefour des Cinq-Cantons, c’est déjà l’heure de la reprise ou l’entrée dans le week-end. Dans la rue Orbe, ils sont deux maintenant. Un assis sur un trépied, son chien impassible à côté. Plus loin  » il me manque plus que six euros ». Scène de misère ordinaire. La rue apparaît plus sombre encore. Un passage par la rue Port-Neuf, des commerces toujours. Mais loin, très loin de cette ambiance des années 30 avec des Espagnols argentés, et ces salons de thé, pour déguster du chocolat, à boire, croquer ou au lait…

Une remontée devant les « Dames de France », de mon enfance. « Les Dames de France », comme « Biarritz Bonheur », en Galeries Lafayette désormais. Un point commun entre Bayonne et Biarritz. Un grand magasin « Art déco » dans le centre. Deux points communs! Une prime à l’ancienneté pour Biarritz : 1903. « Les Dames de France », deux ans plus tard. Les Dames se font attendre…