Madrid, Guernica …Gernika eta denetan*

 

guernica

Museo de la Reina Sofia, Madrid.

Deuxième étage, mars 2017. Nous sommes nombreux. Massés devant ce grand tableau. L’Horreur du 26 avril 1937. Lundi d’Horreur. Fossoyeur de jour de marché. Flingueur de printemps. A coups de mitraille et de bombes balancées depuis un ciel pervers. L’Horreur représentée par Pablo Picasso. Tant d’émotions

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Un téléphone, que l’on vient apporter à un caudillo, un duce, un furher…Des humains minuscules qui sont sortis de leur être, transcendés par des suiveurs prêts à tout, pour du pouvoir et quelques sous . Des suiveurs qui se font fort d’en faire plus encore,  d’aller au devant, au-delà de la haine ordinaire, de précéder les plus vils désirs du chef.

Des créatures sanguinaires qui commandent à des millions de dos voûtés, et de têtes basses …

Des militaires aux idées funestes, morbides…pour une vision « gore » de la vie et du monde …

Des politicards minables, qui flairent « le bon coup », comme à Vichy, plus tard …

Des opposants que l’on écrase, parce qu’ils sont moins nombreux, ou que l’on feint de soutenir, à Paris et ailleurs. Ces villes qui tiennent, comme dans « l’Espoir »*, qui faiblissent, qui résistent…Un combat entre-soi, avec le secours de quelques autres, des Brigades Internationales* et des Etats. Des états-nations qui veulent la guerre, qui tuent pour s’accaparer, agrandir leur espace. Faire plier l’Autre et jouir de la supériorité de leur « race ».

« Vous vaincrez, mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, mais vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader, il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans votre combat… » Ces paroles d’Unamuno*, prononcées le « jour de la race », un 12 octobre 1936 toujours résonnent.Ici même dans ce musée, à Madrid, capitale de l’Espagne.

Accueilli, lors de l’Exposition Universelle de Paris, en 1937, « Guernica » classé par les nazis dans la rubrique « art dégénéré », viendra en Espagne en 1981- les libertés publiques ayant été rétablies, selon la condition exprimée par Picasso. A Gernika, l’arbre des libertés, l’attend sagement. L’arbre a eu plusieurs vies, lui aussi. Cela le rend encore plus majestueux. L’arbre attend le tableau. La nature attend la peinture. Pas pour prêter serment,non, mais pour mieux illustrer ce symbole de paix.

Gernika eta denetan* : Guernica et partout ailleurs

L' »Espoir »* : roman d’A. Malraux, relate la Guerre d’Espagne…A lire évidemment!!!

Brigades Internationales* : volontaires antifascistes venus de plusieurs pays. Des Courageux.

Unamuno* : poète, romancier, dramaturge, critique littéraire et philosophe espagnol. (1864-1936) J’ai déjà évoqué ce personnage, lors d’une chronique précédente.