Bayonne 24 Bordeaux 20 : le match

Ce qui a changé par rapport aux matches précédents ? La capacité de nombreux joueurs de l’Aviron à avancer, seuls ou aidés de leurs partenaires. Une envie de partir à l’abordage, vraiment, dans le don de soi, le soutien au porteur du ballon, des passes dans le plaquage, de la générosité encore. Comme un souffle de vie supplémentaire.
Qu’importe qu’il vint de Paris, pour partie, du retour du capitaine, des innombrables propos du manager de l’Aviron, de ses incantations parfois « lettres mortes », de son goût de la formule, aussi, du désir -trouvant enfin à s’exprimer- de joueurs ayant du cœur, de la discrétion de ceux qui travaillent sans relâche, comme Dewald et d’autres…
Peu importe, que les Présidents aient tapé du poing sur la table, ou dit leur mot, que les bruits de couloirs bayonnais se propagent dés le lundi matin et parfois avant…
Les coups de boutoir, de BUSTOS, menaçant dés la 6ème minute suite à une place sautée, sa pénalité, trois minutes plus tard, et une autre à la 15ème minute, suite à une récupération bayonnaise dans un ruck; tout arrive!
Les coups de boutoir de MONRIBOT, porté par Jean Dauger, suite à une chevauchée en solo. Deux percussions et les rangs bordelais qui s’éclaircissent. La rue Sainte Catherine qui s’ouvrirait quand le capitaine bayonnais charge! Et 13 à 00 à la 18ème minute.
Les bordelais s’y mettent enfin. A la faveur d’un accrochage entre MONRIBOT et LADAULE, de deux cartons jaunes et d’une pénalité bordelaise, pas forcément justifiée. 13 à 03 à la mi-temps de la mi-temps.
Cette escarmouche fournit à l’arbitre un prétexte pour trouver une faute, bien aidé par l’œil de Canal. Peut-être une opportunité pour lui d’asseoir son autorité. Un comportement humain d’arbitre. Un trio mixte d’arbitres en tenue verte et une arbitre de touche un peu moins grande que CHOUZENOUX…!
L’accrochage entre MONRIBOT et LADAULE, qui luttent au sol. Des joueurs qui se rapprochent et JAULHAC qui fait rempart de son corps, recouvrant son capitaine pour lui éviter des coups. La SOLIDARITÉ; cela ne se décrète pas. Cela se vit. Se décline en actes. Comme celui-là. Les Bayonnais font bloc. Les Bayonnais font corps.
LOVOBALAVU marque suite à une passe au pied de son associé LE BOURHIS, et le score est de 18 à 03, sur le coup de 19 heures 19.
A la mi-temps, LAGARDE reste au vestiaire. MERET le remplace. Tous les deux ont fait preuve d’ouverture, au pied comme à la main.
Les remparts bayonnais céderont par deux fois, en deuxième mi-temps. Deux passages par la porte d’Espagne, d’AVEI à la 53 ème minute, suite à une prise en touche de CHALMERS, et une série de percussions. De MADIGAN, bien après la sirène, alors que le sort du match était scellé.
La porte d’Espagne, plutôt mal nommée pour ZABALA, digne représentant de la force basque,explosif à la 68 ème minute suite à un « une-deux » entre MONRIBOT et CHOUZENOUX. Une entrée remarquée pour le jeune homme de GETXO et POTTOKA se chargera des présentations au public bayonnais, à la fin du match !!!
Une deuxième mi-temps plus pâle, côté Bayonne, mais suffisante pour retrouver son honneur après le séjour raté chez Mourad.
Une mention pour ce match aux deux premières lignes de l’Aviron. IGUINIZ, LEIATAUA, CHOIRAT puis SCHUSTER,ZABALA, ARGANESE. La première ligne ou la ligne Première. Celle qui ouvre la voie, celle qui construit la maison du ballon, la mêlée.

Ainsi le pilier de mêlée saluant le public lors du tour d’honneur, posément, tout en donnant la main à sa petite fille, pouvait être satisfait de sa performance. Comme un papa, fier de transmettre le goût du travail accompli. Le bonheur est à Dauger, cours-y vite…